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Céramiste Art Nouveau

Alexandre Bigot

Céramiste et grès-cérameur de renom. Il fournit les panneaux de lave émaillée polychrome — issus du gisement de Volvic — qui font de la Samaritaine la concentration unique de cette technique en France.

Spécialité
Grès flammé, lave émaillée
Matériau phare
Lave de Volvic
Samaritaine
Panneaux de façade, frises, oriflammes
Période
Belle Époque (1890-1914)

En bref

  • Bigot rend possible la polychromie durable de la façade.
  • La lave de Volvic émaillée résiste au gel, aux UV et à la pollution.
  • La Samaritaine concentre une quantité exceptionnelle de ce matériau en France.

Le grès flammé comme matériau noble

À la fin du XIXᵉ siècle, la céramique architecturale traverse une révolution. Alexandre Bigot, formé à la chimie, applique les principes scientifiques du four à haute température à des problèmes proprement artistiques : comment obtenir des émaux saturés, comment maîtriser le grès flammé, comment habiller des façades entières de céramique sans craindre le gel.

Volvic, gisement unique

Pour la Samaritaine, Bigot et l'équipe de Jourdain font le choix d'un matériau rare : la lave émaillée de Volvic. La pierre, extraite du puy auvergnat, est sciée en plaques d'environ deux centimètres d'épaisseur, recouverte d'un émail vitrifié à 1100 °C, puis cuite. Le résultat est un panneau quasi indestructible : insensible au gel, aux UV, aux pluies acides, et aux pollutions atmosphériques.

C'est cette technique qui permet à la façade rue de la Monnaie de conserver sa polychromie d'origine plus d'un siècle plus tard. La Samaritaine, selon les sources de la BNF et de Franceinfo, contiendrait la plus grande concentration de lave émaillée en France.

Une œuvre collective

Bigot travaille à la Samaritaine en équipe étroite avec :

  • Eugène Grasset, qui dessine les motifs (cartouches, enseignes, frises)
  • Francis Jourdain, fils de l'architecte et co-décorateur
  • les compagnons céramistes de l'atelier de Volvic

Lors de la restauration 2018-2021, 675 mètres linéaires de panneaux ont été restaurés, dont 42 m² intégralement reconstitués d'après archives photographiques et fragments retrouvés en sous-sol. Les couleurs — verts profonds, ocres rouges, bleus de Sèvres, ors — ont été retrouvées à l'identique par des céramistes d'art travaillant en Auvergne et à Paris.

Sources & références

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